tournent les étoiles crépusculaires et neige mon désir sur le paysage bleu-vert, mon désir de neige réchauffé par l'hiver
l'appel au secours d'un oiseau égaré entre les branches labyrinthiques qui tapissent le ciel attrape mon regard le temps d'un sursaut de coeur
je m'arrête
la nuit a jeté sa chape métallique sur le monde, un couvercle percé de trous gris qui m'observent froidement
me voilà prisonnière des arbres, de leurs troncs qui se dressent tout autour de moi
la peur a glacé tout désir
je ferme les yeux
un froissement d'aile déchire la noirceur alentour
mes doigts se cognent de froid
l'abîme de silence qui enveloppe mes sens me fait rouvrir les paupières
il neige et la neige n'a pas attendu l'hiver
pour caresser ma peau
je tend la langue un peu engourdie que s'y déposent des flocons
et les larmes roulent en petites billes sur mes joues
car la neige a ce goût que je reconnais entre tous
le goût de la solitude
