/:90:/ l'eau a coulé sous le pont des arts

Écouter Miossec un vendredi soir, suintant de solitude et de désirs repliés en origami
qui se déploient malgré tout ô folie et hasard entremêlés
tout petit bout de papier froissé

n'être que manques, un gruyère dont on ne compte plus les trous
je fuis d'amour
d'amours honteuses et perfides, indignes d'être jamais professées
à moins que

sur le fil toujours
à la renverse
brisure
vous

perdant toute consistance à soupirer après l'impossible
mais elle pense à moi
crevant de résignation et d'inatteignables mensonges
mais il pense à moi

non point amours mais imprudentes réflexions de soleil sur un pâle lac
lissé de glace et liseré d'or
mais que le temps glisse sur la surface et se fêlent les promesses d'éternité
et sombrent les étincelles de feu qui animaient mes regards

vient donc Temps mettre à mal les passions qui me secouent
que j'affronte le vide de ton regard et supplieront mes os de céder
jamais jamais plus
je ne veux
renier ce qui me fait me lever au matin et sourire aux nuages
que tombe la neige
mon coeur jamais plus ne cessera
de battre chaud et puissant
pour eux

# Posted on Tuesday, 03 November 2009 at 4:33 PM

/:89:/ dernière résurrection, puis le néant de toute production. je ne fais rien alors même que je rage d'écrire. Pour Mi

Ah m'asseoir sur un banc toute la nuit avec toi
et regarder la lune si elle est là
se soûler en rêvant au bon temps r'venu
en te serrant dans mes p'tits bras nus
pis tourner vir'volter en chantant très faux
trébucher et s'marrer comme des idiots
et entendre ta voix qui soupire et murmure
qui sait si bien prévenir les blessures
te raconter un peu l'insouciance d'une petite fille
les princesses et les billes les cordes à sauter
qui nous fouettaient les pieds et nous faisaient tomber
et les espoirs d'enfant

Ah marcher sous pluie toute la nuit avec toi
et admirer les roses si y'en a
se goinfrer de pop corn en te bouffant des yeux
écouter de tes maths un p'tit peu
sauter dans les flaques et avant d's'élancer
enlever nos godasses pour mieux voler
et entendre ta voix déclamant un poème
comme le plus beau des je t'aime
te raconter surtout le vide de ma vie que tu as su combler
l'attention et les mots les caresses les baisers
contre la peur de la fin
de mes espoirs d'enfant

Ah m'asseoir sur un banc toute la nuit avec toi
et regarder le soleil qui s'en va
te parler de c'bon temps mort dont tout l'monde se fout
te faire croire que les méchants c'est nous
et que moi je suis barge et aussi de tes yeux
car ils sont la douceur que je veux
et entendre ta voix illuminée de rires
comme brille un soleil à midi
te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
et l'aimer même si le temps est assassin
et emporte avec lui les espoirs des enfants
mais notre amour gagnant


Mistral Gagnant, Renaud
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# Posted on Friday, 02 October 2009 at 4:30 AM

/:88:/ version parallèle du thrène, encore due au rangement impromptu

tremble face à l'évidence
de cet orage qui gronde
battent les portails de fer
le feu ne peut rien
où le néant prend appui
encadré de murs rassurants il semble encore loin
pourtant...

la complainte grandit
et luit de toute son ombre
elle s'approche et tu luttes
sans résister c'est perdu
d'avance
tu as succombé

tu fermes les yeux
cries
le monde est sourd
et les hommes trop illuminés par le soleil

vaincue
tout espoir est
vaincu

tu tombes le vide t'accueille enfin


~~~~~~

il est apparu comme une évidence
cruellement insinué au souffle de la pluie qui perle le bitume
ce noir
aveugle

rompu à l'absorption de tout espoir
une quelconque lumière
qui viendrait le frôler
le titiller
lui le grand
l'immense interdit
de tout bonheur humain
à jamais repus
de mon chagrin

grésille la nuit
tremble donc
toi, la lune
insipide luminaire
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# Posted on Tuesday, 22 September 2009 at 4:18 PM

/:87:/ j'aime ranger ma chambre, y retrouver de vieux bouts de papier (même niais)

un papillon fait trembler mon coeur par son léger battement d'ailes qui effleure un amour mis à nu par trop de douleur
un espoir brille en mon coeur ombragé de cris de larmes de refus d'aimer

une vie s'est ouverte comme la plaie trop profonde qui jamais ne pourra cicatriser
la souffrance qui petit à petit devient habituelle comme on s'attache aux habitudes

~~~~~~

je voudrais me blottir entre tes bras
ton odeur envahit mon âme, mes sens
que tu caresses tendrement mes cheveux, embrasses mon front

je prendrais alors tes mains entre les miennes et
embrasserais tes doigts, les presserais contre ma joue
sentir ta chaleur ta douceur


le bonheur est si simple
si dur à atteindre aussi
invisible à nos yeux lorsqu'on le vit
trop sensible à notre coeur lorsqu'il s'éloigne

je suis stupide, désolée aussi

je t'aime
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# Posted on Tuesday, 22 September 2009 at 4:10 PM

/:86:/ retrouvaille bis

/:86:/ retrouvaille bis
Quand le déclic s'arroge le droit de nous surprendre en plein envol on ne peut lui pardonner, mais lorsque celui ci découvre la sphère tendue de papier bulle orangé qui se tenait coi derrière le béton armé de nos jours ensombrés il faut l'enrouler d'amour de baisers cerises et, bien sûr, de mercis infinis

acc
lamons le désir, inspiration du Très Haut qui nous pousse à réclamer ce fruit affriolant qui germe entre deux pages noir et blanc d'un livre jamais ouvert et que l'on connait par coeur

source gémissante tu hais le soleil comme la nuit médiocrement sensuels asservissants visages de propreté et de bien être en boite
du
jus de citron sous la langue et le corps en miettes que les mouettes picorent inlassablement affaes qu'elles sont de biscuits secs et autres friandises d'outre-tombe

ainsi soit il

accrochons nous à cette cataclysmique langueur et surplombant les ruines dénonçons les idoles et démons gorgés de feu qui dent ventre à l'air parmi les créatures terrestres, insignifiant cortège d'humeurs massacrées par les mots, durs et brefs, versés en douches sur leurs têtes trop vides-pleines
à l'arrivée le remous tangue et s'inspire d'une romance passée pour protéger l'homme, son honneur et ses présupposés les plus précieux
choi
r comme naître relève d'un vulgaire coup de chance d'absynthe ou d'ignorance, fut elle comique tout finit toujours mal

cercl
e proie victime amour

ainsi
soit il de nous, enchantés que nous fumes et disparus que nous serons, accordés sur un mi faussement enjoué de sacerdotal luth et des fleurs qui s'ouvrent en pétales écorchés, la mariée pleure

« mais quel espoir pourrais je avoir quand tout est noir ? Ainsi soit je ainsi soit tu ainsi soit la vie
ta
nt pis »

tant pis


peinture : Bruegel, Le triomphe de la mort
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# Posted on Monday, 14 September 2009 at 10:51 AM

Edited on Monday, 14 September 2009 at 11:02 AM